Pourquoi les systèmes tirés créent une visibilité et une responsabilisation que les systèmes poussés cachent.
Les systèmes poussés démarrent le travail en fonction de prévisions ou de calendriers. Un gestionnaire assigne le travail. Un sprint est planifié. Le travail entre dans le système, qu'il y ait de la capacité ou non.
Les systèmes tirés démarrent le travail en fonction de la capacité et de la demande. Le travail n'entre que lorsqu'une étape en aval signale qu'elle est prête. Rien n'est poussé — c'est tiré à travers le système.
L'origine chez Toyota : Dans un système poussé, les pièces sont fabriquées selon des prévisions et poussées en aval. Dans le système tiré de Toyota, les processus en aval envoient un signal (carte kanban) lorsqu'ils ont besoin de pièces. Les pièces ne sont produites que sur signal.
En logiciel :
Les mathématiques sont contre-intuitives : moins d'éléments à la fois, plus d'éléments terminés.
La différence de visibilité
Les systèmes poussés cachent les problèmes. La pile de travail inachevé s'accumule de façon invisible. Les systèmes tirés révèlent les problèmes. Quand vous ne pouvez pas tirer de nouveau travail parce que vous êtes bloqué, le blocage est visible. Cette visibilité force la résolution.
Dans un système poussé, les problèmes sont enfouis.
L'équipe a 15 éléments en cours. Trois sont bloqués en attente de décisions d'architecture. Mais le travail continue sur les 12 autres. Les blocages sont invisibles parmi l'activité.
Tard dans le sprint, ces 3 éléments sont toujours bloqués. Maintenant c'est une crise. « Pourquoi personne n'a soulevé ça? » Parce que le système ne l'a pas forcé.
Les systèmes poussés cachent aussi les problèmes de capacité. Si vous poussez plus de travail que vous ne pouvez en gérer, l'excédent s'accumule simplement. Le délai de livraison augmente, mais de l'extérieur, « tout le monde travaille fort ».
Les systèmes poussés optimisent pour démarrer. Les systèmes tirés optimisent pour terminer.
Pensée poussée : « On a démarré 20 éléments ce sprint! » (Mais terminé 8.) Pensée tirée : « On a terminé 15 éléments ce sprint. » (Et démarré 15.)
Que préféreraient vos clients?
L'équipe s'engage sur 20 histoires basées sur la vélocité. À mi-chemin, trois histoires sont bloquées sur une dépendance. Le travail continue sur les autres. À la fin du sprint : 8 terminées, 12 partiellement faites. Les 3 éléments bloqués sont toujours bloqués.
La limite de travail en cours est de 3. Un développeur tire une histoire mais elle est bloquée sur une dépendance. Il ne peut rien tirer de nouveau — la limite est atteinte. Le blocage est immédiatement visible. L'équipe se mobilise pour le résoudre. Le délai de livraison reste court.
Les systèmes tirés sont plus difficiles à contourner que les systèmes poussés.
Dans un système poussé, vous pouvez avoir l'air productif tout en accumulant de la dette. « Je travaille sur 8 choses! » (Aucune terminée.) « J'ai complété 50 story points! » (Mais la moitié est coincée en révision.)
Dans un système tiré, le seul travail valide est le travail terminé. Vous ne pouvez pas démarrer quelque chose de nouveau tant que quelque chose n'est pas terminé. Contourner le système est plus difficile parce qu'il force la complétion.
Cette responsabilisation s'étend aux problèmes de blocage :
Les systèmes tirés alignent les incitatifs avec les résultats. Le système récompense la complétion, pas le démarrage. Il récompense le déblocage, pas le contournement des blocages. Il récompense le débit, pas l'agitation.
C'est inconfortable pour certaines équipes. Les systèmes poussés vous permettent de vous sentir productif même quand vous ne livrez pas. Les systèmes tirés rendent l'écart visible. C'est une fonctionnalité, pas un bogue.
Le tirage demande du courage
Les systèmes tirés font remonter des problèmes que les systèmes poussés cachent. Certaines organisations adoptent le tirage puis l'abandonnent parce qu'« il expose trop de problèmes ». Ces problèmes ont toujours existé — le tirage les a simplement rendus visibles. L'objectif est de les régler, pas de les recacher.